À verse

Il pleut des cordes et je me dis : gare à la mélancolie. Voilà que l’automne pose ses valises sans attendre, l’heure c’est l’heure, c’est écrit dans le calendrier. Alors l’été remballe ses matins blancs et s’en va sur la pointe des pieds, me laissant perplexe derrière les carreaux, sourcils froncés. Je plie de petites et de grandes laines, les aligne dans les tiroirs. Dire que, bientôt, à cinq heures il fera noir.

Bien sûr il y a la promesse des couleurs splendides sous la lumière de cinq heures, du parfum enivrant des sous-bois, des joues roses après les promenades, du spectacle des écureuils valsant devant la fenêtre de la cuisine, des milliers de faînes qui craquent sous les pas. Bien sûr il y a la promesse d’une retraite en dedans, d’un repli savoureux, du thé dégusté à la lueur d’une bougie, d’une musique lente.

Bien sûr. 

Mais, tout de même, je me dis. Gare à la mélancolie.

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