Un autre regard

public.jpeg

Il y a trois ans nous rentrions de la maternité au milieu des cartons, posions nos valises et notre minuscule bébé entre des murs vides qu’on allait appeler maison. Un nouveau né, un nouveau toit. Les sens sollicités, des sons, des matières, des nuances à apprivoiser. Les traits de son visage, le velouté de sa peau, l’urgence de ses pleurs, le gris de ses yeux, des nuits comme des jours, des mois sans sommeil. Et puis : le vent d’automne se faufilant à travers les châssis de bois, l’odeur d’autres avant nous, le lierre sur la façade, des volumes à apprendre, une autre manière d’envisager les rayons du soleil. Ce soir, la lumière fond sur les arbres denses que je connais par cœur, si bien que je peux trouver mon chemin dans le noir. Même plus peur.

CarolineCommentaire